Le budget Leitao garde le cap de l’austérité budgétaire. Un vrai débat sur la fiscalité est nécessaire!

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Québec, le 4 juin 2014 – C’est par de nouvelles compressions dans les services publics que se traduira l’austérité budgétaire en 2014-2015, constate la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics à la lecture du budget Leitao. La croissance des dépenses de programmes limitée à 1,8% pour 2014-2015 et le gel d’embauche, notamment en santé, vont assurément affecter les services à la population, déplore-t-elle. Malgré l’annonce de deux commissions, une sur la fiscalité et une autre sur les programmes, la coalition de groupes sociaux constate que le budget Leitao trace déjà des orientations majeures pour les années à venir et que le dialogue social annoncé s’annonce factice.

Exception faite de l’indexation des tarifs de garderies et de service de garde en milieu scolaire, que déplore la Coalition, le budget ne contient pas de nouvelles hausses de tarifs. Cependant, la population du Québec vit déjà avec les impacts des tarifications importantes annoncées dans les budgets précédents sur lequel ne recule pas le nouveau ministre des Finances. La taxe santé, la hausse du tarif d’électricité patrimoniale et la hausse des frais de scolarité sont maintenues. « Le choix du gouvernement Couillard de maintenir l’objectif d’atteinte de l’équilibre budgétaire pour 2015-2016 se fera donc au détriment de l’effritement des services publics et sur le dos des plus pauvres et de la classe moyenne. Alors que plusieurs mesures fiscales progressives auraient pu être adoptées pour renflouer de façon plus équitable les coffres de l’État, le gouvernement a choisi d’épargner les plus riches et de se priver de milliards de dollars en revenus », dénonce Joël Pedneault, co-porte-parole de la Coalition.

« Alors qu’il annonce qu’il procède au resserrement immédiat des dépenses fiscales, le gouvernement libéral ne touche pas aux avantages fiscaux dont bénéficient les plus fortunés et les grosses entreprises », note Véronique Laflamme, également co-porte-parole de la Coalition. Celle-ci aurait souhaité que le gouvernement abolisse le crédit d’impôt pour gains en capital des entreprises et des particuliers, diminue le plafond des RÉER, et contrôle davantage le prix des médicaments.

Le budget annonce d’importants débats pour les prochains mois. Il confirme la mise en place d’une commission d’examen sur la révision de la fiscalité qui aurait pour objectif de conseiller le gouvernement sur de nouvelles orientations et dont les recommandations seront déposées avant le prochain budget. La Coalition, qui se mobilisera autour de ces consultations, craint que les décisions importantes ne soient déjà prises. « D’un côté, le gouvernement dit qu’il souhaite un mécanisme de consultation qui permette des échanges avec la population et de l’autre, il annonce déjà deux orientations majeures soit une hausse des dépenses de programmes limitée à 0,7% pour 2015-2016 et l’utilisation de la moitié des surplus budgétaires pour baisser les impôts à la suite du retour à l’équilibre budgétaire », note Véronique Laflamme.

La Coalition souhaite un réel débat sur les finances publiques. Elle propose de nouvelles sources de revenus favorisant une meilleure redistribution de la richesse, notamment par une fiscalité plus progressive qui permettrait un financement adéquat des services publics et des programmes sociaux. Avec sa campagne 10 milliards de $ de solutions, nous avons les moyens de faire autrement, la Coalition suggère 19 solutions fiscales permettant de renflouer les coffres de l’État de 10 milliards $ par année. Parmi celles-ci, l’augmentation du nombre de paliers d’imposition pour les particuliers, le rétablissement de la taxe sur le capital des banques et des entreprises financières, de même qu’une augmentation du taux d’imposition des entreprises, excluant les PME.

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